Un choix autoroutier à contre sens de l'intérêt général
Au moment où le prix du litre d'essence atteint 1,53 €, alors que le survol du département ne cesse d'augmenter, polluant toujours plus nos communes, par leur bruit et le kérosène, on veut faire avaler aux habitants du sud du Val d'Oise, un projet autoroutier contesté qui n'a pu être mené à bien depuis plus de 30 ans. Des élus et non des moindres s'associent à cette campagne qui intéresse l'activité économique, sans souci des habitants toujours plus nombreux le long de l'Oise et de la Seine. Face à ce projet qui va contre tout ce qui s'énonce, jour après jour, sur les risques écologiques encourus sur la planète, les Verts du Val d'Oise réagissent et avertissent les citoyens du département.
L'examen du projet de nouveau Schéma régional d'Ile de France conduit à réexaminer l'opportunité du " bouclage " de la voie autoroutière A104. Le Gouvernement fait engager, à ce sujet, une vaste enquête publique.
Contre l'avis des populations les plus concernées, malgré les réticences de la Région Ile-de-France, en dépit de la longue lutte des associations locales de l'environnement, l'État s'entête, sans considération pour les engagements d'y renoncer pris par trois anciens Premiers Ministres, à vouloir faire passer un couloir autoroutier en zone urbaine, dans le " fuseau " primitivement prévu pour cela, avant le plein développement des communes riveraines.
Le Conseil Général du Val d'Oise a rejoint cet avis, privilégiant ainsi ce qu'il croit être les intérêts économiques du département, au détriment de la santé et de la sécurité des Valdoisiens, en sacrifiant le sud boisé de la commune d'Éragny, le cadre de vie des habitants de Neuville, Herblay, de Pierrelaye, et sans considération aucune pour les protestations des élus de communes des Yvelines menacées telles que Conflans-Sainte-Honorine, Maurecourt, Achères, Andrésy, Chanteloup…
Le Bureau de la Communauté d'Agglomération de Cergy-Pontoise s'est engagé, à son tour, dans la défense de ce projet que, depuis plusieurs décennies, les riverains rejettent.
La Francilienne, mal raboutée à l'Est, inachevée au Nord, simplement raccordée à des tronçons d'autoroute à l'Ouest, inexistante au sud, n'est pas la grande voie circulaire homogène et roulante annoncée. Le " bouclage " est un leurre. L'axe Poissy-Roissy intéresse les grandes entreprises et leurs lobbies, mais, en même temps, on abandonne le ferroutage possible à partir de la gare géante d'Achères et surtout on ne tient pas compte des nouvelles nuisances engendrées, dans une zône dont le taux de pollution n'a cessé de s'aggraver ! On n'en continue pas moins à construire, au sud de Cergy-Pontoise à proximité du passage éventuel de l'A104. L'incohérence de l'aménagement ne trouble pas les organismes en quête de profits.
En ces temps de renchérissement du prix du pétrole, de lutte contre l'effet de serre, de contrôle renforcé de la pollution de l'air, d'excès du camionnage et de danger avéré des tunnels construits ou à construire, la première priorité, loin de porter sur l'engagement de lourds crédits affectés à des opérations autoroutières, doit être réservé, sur l'axe est-ouest, à l'amélioration, l'augmentation, la création de transports ferroviaires pour le fret autant que pour le service des usagers d'Ile de France.
Les coûts, les risques, ce qu'on appelle aujourd'hui le " développement durable ", ou " le principe de précaution ", en fait la prise de conscience, enfin, de nos limites humaines, tout conduit à réduire progressivement l'usage de l'automobile et tout invite, donc, à ne pas engager la réalisation de cet appel de circulation nouvelle et considérable venant du Nord de l'Europe, absolument nuisible aux familles vivant en Ile-de-France, dans des espaces densifiés.
Les Verts du Val d'Oise le 10 octobre 2005

Le retour de l'A104
Un choix autoroutier à contre sens de l'intérêt général
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